Ayaat 1-8 ~ La preuve (Al-Bayyinah)

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Écoutez Récitation

1. Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les Associateurs, ne cesseront pas de mécroire jusqu’à ce que leur vienne la Preuve évidente:

2. un Messager, de la part d’Allah, qui leur récite des feuilles purifiées,

3. dans lesquelles se trouvent des prescriptions d’une rectitude parfaite.

4. Et ceux à qui le Livre a été donné ne se sont divisés qu’après que la preuve leur fut venue.

5. Il ne leur a été commandé, cependant, que d’adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif, d’accomplir la Salat et d’acquitter la Zakat. Et voilà la religion de droiture.

6. Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les Associateurs iront au feu de l’Enfer, pour y demeurer éternellement. De toute la création, ce sont eux les pires.

7. Quant à ceux qui croient et accomplissent les bonnes oeuvres, ce sont les meilleurs de toute la création.

8. Leur récompense auprès d’Allah sera les Jardins de séjour, sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Allah les agrée et ils L’agréent. Telle sera [la récompense] de celui qui craint son Seigneur.

Sourate 98. La preuve (Al-Bayyinah)

Commentaire ~ La réponse à vos supplications est retardée pour une raison

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Il y a une situation intéressante qui confond beaucoup de gens: le croyant qui est affligé avec une calamité et puis appelle Allah constamment, pourtant ne voit aucun signe d’une réponse à ses prières. Alors quand il s’approche près du point de désespoir, la vraie valeur de son coeur est découverte. S’il est satisfait avec ce qu’Allah a décrété pour lui, sans perdre espoir de la faveur d’Allah, alors dans la plupart des situations c’est à ce moment là que les supplications d’une telle personne sont répondues, répondu parce que son examen est terminé: sa foi a brillé à travers et le diable a été défait. Ainsi c’est à l’heure de désespoir que la valeur de l’homme est jugée. Allah fait allusion à cette signification dans le Coran:

Pensez-vous entrer au Paradis alors que vous n’avez pas encore subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant vous? Misère et maladie les avaient touchés; et ils furent secoués jusqu’à ce que le Messager, et avec lui, ceux qui avaient cru, se fussent écriés: « Quand viendra le secours d’Allah? » – Quoi! Le secours d’Allah est sûrement proche. (Coran 2:214)

Après que Ya’qub (la paix soit sur lui) ait perdu son fils, beaucoup de temps s’est écoulée, pourtant il n’a jamais perdu l’espoir de soulagement. Au lieu du soulagement, un autre de ses fils a été alors emporté, et même la il n’a pas perdu l’espoir de la Faveur et de la Miséricorde d’Allah

…Oh! belle patience. Il se peut qu’Allah me les ramènera tous les deux. Car c’est Lui l’Omniscient, le Sage ». (Coran 12:83)

Et semblables étaient les mots et les sentiments de Zacharie (la paix soit sur lui):

…[Cependant], je n’ai jamais été malheureux [déçu] en te priant, ô mon Seigneur. (Coran 19:4)

Donc on ne devrait jamais sentir que trop de temps s’est écoulé sans que ses supplications soient répondues. On devrait se rendre compte que, toutes les fois qu’on est testé avec des difficultés, c’est son courage et sa foi qui sont examinés. Pour passer un tel examen, on doit ignorer les chuchotements du diable et se tourner pour l’aide vers Allah, le Plus Compatissant, le Plus Généreux, le Plus Sage.

Traduit de:
Gems and Jewels
Compiled by: Abdul-Malik Mujahid
Publisher: Maktaba Dar-us-Salam
ISBN: 9960-897-59-1
Page 317

Hadith ~ 3 hommes et une grotte

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Abdullah Ibn Omar (que Dieu lui accorde Sa satisfaction) a dit: J’ai entendu dire le Messager de Dieu (bénédiction et salut de Dieu sur lui): « Trois hommes de ceux qui étaient avant vous se mirent en route jusqu’à la tombée du soir qui les fit entrer dans une grotte où ils se réfugièrent. Un rocher dégringola de la montagne et boucha l’entrée de la grotte. Ils dirent alors: « Vous ne serez libérés de ce rocher qui si vous invoquez Dieu exalté au nom de vos bonnes actions passées ». L’un d’eux dit: « Seigneur Dieu! J’avais deux parents âgés et je ne donnais jamais à boire son lait à personne avant eux, que ce soit une personne de ma famille ou de mes esclaves. Un jour j’ai mené paître mes animaux dans un endroit éloigné, si bien que mes parents se sont endormis avant mon retour. J’ai trait pour eux leur part de lait mais je les ai trouvés endormis. Il m’a cependant répugné de les réveiller ou de donner leur lait à ma famille ou à mes esclaves. J’ai donc patienté, tenant le bol dans ma main, attendant ainsi leur réveil jusqu’à la pointe du jour, alors que mes enfants criaient de faim à mes pieds. Ils se réveillèrent enfin et burent leur lait. Seigneur Dieu! Si j’ai fait cela dans l’espoir de voir Ton Visage, libère-nous de cette pierre qui nous emprisonne ». Le rocher se déplaça un peu mais pas assez pour les laisser sortir. Le second dit: « Seigneur Dieu! J’avais une cousine que j’aimais par-dessus tout au monde (dans une autre version: que j’aimais aussi fort que l’homme pût aimer les femmes). Je lui faisais des propositions malhonnêtes mais elle s’y est toujours refusée. Jusqu’à ce qu’une année de grande disette la poussât à s’adresser à moi. Je lui donnai alors cent vingt dinars à condition qu’elle se donnât à moi et c’est ce qu’elle accepta. Une fois que je me suis installé entre ses deux jambes, elle dit: « Crains Dieu et ne romps le cachet (=l’hymen) que dans la légitimité (du mariage)! ». Je la laissa alors bien qu’elle fût pour moi l’être le plus cher et je lui ai quand même abandonné l’or que je lui avais donné. Seigneur Dieu! Si j’ai fait cela dans l’espoir de voir Ton Visage, sors-nous de notre prison ». Le rocher se déplaça encore un peu mais pas assez pour les faire sortir. Le troisième dit: « Seigneur Dieu! J’ai pris à mon service des salariés que j’ai tous rétribués sauf l’un d’eux qui partit en me laissant son salaire. Je le lui fis fructifier jusqu’à en faire une grande fortune. Après un certain temps, il vint me dire: « O esclave de Dieu! Donne-moi mon salaire! ». Je lui dis: « Tout ce que tu vois là comme chameaux, bovins, ovins et esclaves est le produit de ton salaire ». Il dit: « O esclave de Dieu! Est-ce que tu te moques de moi? ». Je dis: « Je ne me moque point de toi ». Il prit alors tous ces biens et les conduisant chez lui sans rien en laisser. Seigneur Dieu! Si j’ai fait cela dans l’espoir de voir Ton Visage, sors-nous de notre prison! ». Le rocher s’écarta alors et ils sortirent en marchant ».

Commentaire:
Ce Hadith recommande aux éprouvés d’invoquer la miséricorde de Dieu au nom de leurs bonnes actions passées. Les prières que nous adressons à Dieu pour L’invoquer dans la gêne ou la peur sont comparés à un oiseau dont nos bonnes actions seraient les ailes, comme cela est si bien exprimé dans le verset 10 du Chapitre 35 du Coran:

…vers Lui monte la bonne parole, et Il élève haut la bonne action…

Il exhorte d’autre part à la piété filiale poussé ici au degré de la dévotion; il exhorte à la pureté des moeurs et à la magnanimité; il exhorte enfin à l’honnêteté scrupuleuse et au respect du dépôt.

Ce sont là vraiment quelques éléments majeurs de la noblesse de l’âme et de tout ce qui différencie l’homme, en tant que tel, de la bête asservie par satan.

Riyad as-Salihin (Les Jardins des vertueux)
de l’Imam Mohieddine Annawawi 631 – 676
Traduction et Commentaire du Dr Salaheddine Keshrid (Tunisie)
Éditeur: Dar Al-Gharb Al-Islami
Chapitre 1, Page 7, Numéro 12

Ayaat 37-45 ~ Al-Araf

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Écoutez Récitation

37. Quel pire injuste, que celui qui invente un mensonge contre Allah, ou qui traite de mensonges Ses signes? Ceux là auront la part qui leur a été prescrite; jusqu’au moment où Nos Envoyés [Nos Anges] viennent à eux pour leur enlever l’âme, en leur disant: « Où sont ceux que vous invoquiez en dehors d’Allah? » – Ils répondront: « Nous ne les trouvons plus ». Et ils témoigneront contre eux-mêmes qu’ils étaient mécréants.

38. « Entrez dans le Feu », dira [Allah,] « parmi les djinns et les hommes des communautés qui vous ont précédés. » Chaque fois qu’une communauté entrera, elle maudira celle qui l’aura précédée. Puis, lorsque tous s’y retrouveront, la dernière fournée dira de la première: « Ô notre Seigneur! Voilà ceux qui nous ont égarés: donne-leur donc double châtiment du feu. » Il dira: « A chacun le double, mais vous ne savez pas ».

39. Et la première fournée dira à la dernière: « Mais vous n’avez sur nous aucun avantage. Goûtez donc au châtiment, pour ce que vous avez acquis ».

40. Pour ceux qui traitent de mensonges Nos enseignements et qui s’en écartent par orgueil, les portes du ciel ne leur seront pas ouvertes, et ils n’entreront au Paradis que quand le chameau pénètre dans le chas de l’aiguille. Ainsi rétribuons-Nous les criminels.

41. L’Enfer leur servira de lit et, comme couverture, ils auront des voiles de ténèbres. Ainsi rétribuons-Nous les injustes.

42. Et ceux qui croient et font de bonnes oeuvres – Nous n’imposons aucune charge à personne que selon sa capacité – ceux-là seront les gens du Paradis: ils y demeureront éternellement.

43. Et Nous enlèverons toute la rancune de leurs poitrines, sous eux couleront les ruisseaux, et ils diront: « Louange à Allah qui nous a guidés à ceci. Nous n’aurions pas été guidés, si Allah ne nous avait pas guidés. Les messagers de notre Seigneur sont venus avec la vérité. » Et on leur proclamera: « Voilà le Paradis qui vous a été donné en héritage pour ce que vous faisiez ».

44. Les gens du Paradis crieront aux gens du Feu: « Certes, nous avons trouvé vrai ce que notre Seigneur nous avait promis. Avez-vous aussi trouvé vrai ce que votre Seigneur avait promis? » « Oui », diront-ils. Un héraut annoncera alors au milieu d’eux: Que la malédiction d’Allah soit sur les injustes,

45. qui obstruaient le sentier d’Allah, qui voulaient le rendre tortueux, et qui ne croyaient pas à l’au-delà. »

Sourate 7. Al-Araf

Commentaire ~ Ne grondez pas la personne qui demande de vous

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Une histoire a été rapportée au sujet d’un homme qu’un jour s’est assis avec son épouse pour manger du poulet grillé. Un mendiant a alors frappé à la porte et quand l’homme est allé lui répondre, il a grondé le mendiant et l’a chassé. C’était la volonté d’Allah qu’après ce même homme devrait devenir pauvre et être privé de toutes ses possessions matérielles; en raison de sa pauvreté, il a dû divorcer son épouse. Elle s’est mariée a un autre homme et un jour où elle s’asseyait avec lui pour manger du poulet grillé, quelqu’un a frappé à la porte. L’homme a dit à son épouse: « Donnez ce poulet à l’homme a la porte. » Quand elle l’a ouvert, elle a été choquée de se rendre compte que c’était son premier mari. Elle lui a donné le poulet et est retournée à son mari en pleurant. Son mari lui a demandé pourquoi elle pleurait? Elle l’a informé que l’homme à la porte était son mari précédent. Elle lui a alors raconté au sujet de l’histoire du mendiant que son mari précédent avait grondé et chassé et à ce son mari lui a répondu: « Par Allah, c’était moi ce mendiant. »

Traduit de:
Gems and Jewels
Compiled by: Abdul-Malik Mujahid
Publisher: Maktaba Dar-us-Salam
ISBN: 9960-897-59-1
Page 117

Hadith ~ On le plonge une seule fois

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Selon Anas (que Dieu lui accorde Sa satisfaction), le Messager de Dieu (bénédiction et salut de Dieu sur lui) a dit: « Le jour de la résurrection, on fera venir d’entre les gens de l’Enfer celui qui aura le plus joui de la vie ici-bas. On le plonge alors une seule fois dans le Feu et on lui dit: « O fils d’Adam! As-tu jamais connu quelque bien? As-tu jamais rencontré quelqu’opulence? » Il dit: « Non, par Dieu, ô mon Seigneur! » Puis on fait venir celui des gens du Paradis qui aura connu la vie la plus misérable dans ce bas-monde et on le plonge une seule fois dans la Paradis. On lui dit alors: « O fils d’Adam! As-tu jamais connu quelque misère? As-tu jamais rencontré la gêne? » Il dit: « Non, par Dieu! Je n’ai jamais connu la misère et je n’ai jamais rencontré la gêne ». (Rapporté par Moslem)

Riyad as-Salihin (Les Jardins des vertueux)
de l’Imam Mohieddine Annawawi 631 – 676
Traduction et Commentaire du Dr Salaheddine Keshrid (Tunisie)
Éditeur: Dar Al-Gharb Al-Islami
Chapitre 54, Page 181, Numéro 460

Ayaat 116-120 ~ La table servie (Al-Maidah)

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

116. (Rappelle-leur) le moment où Allah dira[1]: « Ô Jésus, fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux gens: « Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors d’Allah? » Il dira: « Gloire et pureté à Toi! Il ne m’appartient pas de déclarer ce que je n’ai pas le droit de dire! Si je l’avais dit, Tu l’aurais su, certes. Tu sais ce qu’il y a en moi, et je ne sais pas ce qu’il y a en Toi. Tu es, en vérité, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu.

117. Je ne leur ai dit que ce que Tu m’avais commandé, (à savoir): « Adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur ». Et je fus témoin contre eux aussi longtemps que je fus parmi eux. Puis quand Tu m’as rappelé, c’est Toi qui fus leur observateur attentif. Et Tu es témoin de toute chose.

118. Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs. Et si Tu leur pardonnes, c’est Toi le Puissant, le Sage ».

119. Allah dira: « Voilà le jour où leur véracité va profiter aux véridiques: ils auront des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux pour y demeurer éternellement. » Allah les a agréés et eux L’ont agréé. Voilà l’énorme succès.

120. A Allah seul appartient le royaume des cieux, de la terre et de ce qu’ils renferment. Et Il est Omnipotent.

Sourate 5. La table servie (Al-Maidah)

[1] où Allah dira: Au jour du jugement dernier, en présence de ceux qui ont prétendu que Jésus était un dieu ou fils d’Allah.

Commentaire ~ L’honnêteté

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Voici une anecdote racontée par le célèbre « Prince des Voyageurs » Cheikh Abou AbdAllah Mohamed, mieux connu sous le nom d’Ibn Battouta. Ce récit nous arrive du 12éme siècle.

Dans la vallée de la Bekaa en Syrie, se trouve le tombeau d’Abou Youssef Yacoub. On raconte qu’à Damas, il avait obtenu un emploi de gardien dans un verger appartenant au sultan Nour Eddine. Lorsque vint la saison des fruits, le roi accompagné de son premier intendant visita son jardin. Le gardien Abou Youssef reçut l’ordre d’aller cueillir quelques grenades pour le monarque. Quand il les apporta, l’intendant prit un des fruits, l’ouvrit en deux et porta à sa bouche une petite quantité de grains rose pâle. Il fit une moue de dégoût et maugréa en crachant: « Ces fruits sont acides, va en cueillir d’autres et tâche de mieux les choisir cette fois-ci! » Abou Youssef s’exécuta avec promptitude et il revint, les bras chargés de grenades plus volumineuses que les premières. L’intendant les goûta de nouveau mais la grimace qu’il fit disait assez que cette seconde dégustation était encore plus désagréable que la précédente. Il se fâcha pour de bon et cria à l’endroit du gardien: « Voilà plus de six mois que tu es affecté à la garde de ce verger et tu ne sais pas encore distinguer ce qui est acide de ce qui est doux? » Ce à quoi le brave jardinier répliqua: « Tu m’as engagé pour surveiller les fruits ou pour les manger? »

Extrait de « Ibn Battouta Prince des voyageurs »
Auteur: Lotfi Akalay

Hadith ~ Le Croyant fort

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Selon Abou Hourayra (que Dieu lui accorde Sa satisfaction), le Messager de Dieu (bénédiction et salut de Dieu sur lui) a dit: « Le Croyant fort est meilleur et plus aimé de Dieu que le Croyant faible et dans les deux il y a un bien. Recherche avec énergie tout ce qui te fait du bien, demande aide à Dieu et ne faiblis jamais. Si un malheur te touche ne dis pas: « Si j’avais fait telle chose il ne m’aurait pas touché », mais dis: « Dieu en a prédestiné ainsi et, ce qu’Il a voulu, Il l’a fait », car le mot « si » ouvre la voie à l’oeuvre de Satan ». (Rapporté par Moslem)

Riyad as-Salihin (Les Jardins des vertueux)
de l’Imam Mohieddine Annawawi 631 – 676
Traduction et Commentaire du Dr Salaheddine Keshrid (Tunisie)
Éditeur: Dar Al-Gharb Al-Islami
Chapitre 11, Page 49, Numéro 100