Commentaire ~ Quatre personnes

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Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Commentaire ~ Quatre personnes

Voici une sentence du Cheikh Haçan Basri, surnommé Abou Seid el-Haçan ben Abil-Haçan Yecar, né l'an 21 (641-642), mort l'an 110 (728-729).

On raconte que Haçan Basri disait: "Je me suis resté stupéfait devant les paroles de quatre personnes: 1) d'un ivrogne; 2) d'un mignon infâme; 3) d'un enfant; 4) d'une femme.

-- Comment cela? lui demanda-t-on.

-- Un jour, répondit-il, comme je passais près d'un mignon, craignant que le pan de ma robe ne le touchât, je la serrai autour de moi. Lui de me dire: Ô Haçan! pourquoi ramasses-tu le pan de ta robe loin du contact de ma personne? Nul autre que le Seigneur très haut ne sait quelle sera la fin de chacun.

-- Une autre fois je vis un homme ivre qui allait tombant et se relevant au milieu de la boue. Je lui dis: Tâche donc de poser mieux ton pied de manière à ne pas tomber. -- Ô Haçan! me répondit cet ivrogne, malgré toute la peines que tu te donnes, marches-tu, oui ou non, d'un pas bien assuré dans la voie de Dieu? Si je suis renversé dans la boue, il n y aura pas grand mal; j'en serais quitte pour me laver et me nettoyer; mais toi, que tu tombes dans le puits du culte de ta personne, jamais tu n'en sortiras net et ta situation en sera foncièrement ruinée. Ces paroles me firent mal au coeur.

-- Une autre fois encore un jeune enfant s'avançait, tenant un flambeau allumé. D'ou apportes-tu cette lumière? demandai-je. Lui, sur-le champ, la souffla avec sa bouche, l'éteignit et, s'adressant à moi: Ô Haçan! dis-moi ou elle est allée et ensuite je t'expliquerai d'ou je l'ai apportée.

-- Un jour une belle femme, le visage dévoilé, les bras levés, venait à moi. Elle sortait de se quereller avec son mari, et à peine m'eut-elle abordé qu'elle commença à me répéter les propos qu'il lui avait tenus. Ô femme! lui-dis-je, couvre d'abord ton visage et ensuite tu parleras. -- Ô Haçan! me répondit-elle, dans ma passion pour une créature j'ai perdu la raison et je ne sais même pas que j'ai le visage découvert. Si tu m'en avais pas fait apercevoir, je serais entrée ainsi sans voile dans le bazar. Mais toi, qui cultives avec un zèle si infatigable l'amitié du Seigneur très haut, ne devais-tu pas tenir en bride ton oeil pour ne pas voir que mon visage était découvert? Les paroles de cette femme me firent une profonde impression."


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