Ayaat 8-76 ~ Ta-Ha

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Écoutez Récitation

8. Allah! Point de divinité que Lui! Il possède les noms les plus beaux.

9. Le récit de Moïse t’est-il parvenu?

10. Lorsqu’il vit du feu, il dit à sa famille: “Restez ici! Je vois du feu de loin; peut-être vous en apporterai-je un tison, ou trouverai-je auprès du feu de quoi me guider”[1].

11. Puis, lorsqu’il y arriva, il fut interpellé: “Moïse!

12. Je suis ton Seigneur. Enlève tes sandales: car tu es dans la vallée sacrée Tuwa.

13. Moi, Je t’ai choisi. Ecoute donc ce qui va être révélé.

14. Certes, c’est Moi Allah: point de divinité que Moi. Adore-Moi donc et accomplis la Salat pour te souvenir de Moi.

15. L’Heure va certes arriver. Je la cache à peine, pour que chaque âme soit rétribuée selon ses efforts.

16. Que celui qui n’y croit pas et qui suit sa propre passion ne t’en détourne pas. Sinon tu périras.

17. Et qu’est-ce qu’il y a dans ta main droite, ô Moïse?”

18. Il dit: “C’est mon bâton sur lequel je m’appuie, qui me sert à effeuiller (les arbres) pour mes moutons et j’en fais d’autres usages”.

19. [Allah lui] dit: “Jette-le, Ô Moïse”.

20. Il le jeta: et le voici un serpent qui rampait.

21. [Allah] dit: “Saisis-le et ne crains rien: Nous le ramènerons à son premier état.

22. Et serre ta main sous ton aisselle: elle en sortira blanche sans aucun mal, et ce sera là un autre prodige,

23. afin que Nous te fassions voir de Nos prodiges les plus importants.

24. Rends-toi auprès de Pharaon car il a outrepassé toute limite.

25. [Moïse] dit: “Seigneur, ouvre-moi ma poitrine,

26. et facilite ma mission,

27. et dénoue un noeud en ma langue,

28. afin qu’ils comprennent mes paroles,

29. et assigne-moi un assistant de ma famille:

30. Aaron, mon frère,

31. accrois par lui ma force!

32. et associe-le à ma mission,

33. afin que nous Te glorifions beaucoup,

34. et que nous T’invoquions beaucoup.

35. Et Toi, certes, Tu es Très Clairvoyant sur nous”.

36. [Allah] dit: “Ta demande est exaucée, ô Moïse.

37. Et Nous t’avons déjà favorisé une première fois,

38. lorsque Nous révélâmes à ta mère ce qui fut révélé:

39. “Mets-le dans le coffret, puis jette celui-ci dans les flots pour qu’ensuite le fleuve le lance sur la rive; un ennemi à Moi et à lui le prendra”. Et J’ai répandu sur toi une affection de Ma part, afin que tu sois élevé sous Mon oeil.

40. Et voilà que ta soeur (te suivait en) marchant et disait: “Puis-je vous indiquer quelqu’un qui se chargera de lui?” Ainsi, Nous te rapportâmes à ta mère afin que son oeil se réjouisse et qu’elle ne s’afflige plus. Tu tuas ensuite un individu; Nous te sauvâmes des craintes qui t’oppressaient; et Nous t’imposâmes plusieurs épreuves. Puis tu demeuras des années durant chez les habitants de Madyan. Ensuite tu es venu, ô Moïse, conformément à un décret.

41. Et je t’ai assigné à Moi-Même.

42. Pars, toi et ton frère, avec Mes prodiges; et ne négligez pas de M’invoquer.

43. Allez vers Pharaon: il s’est vraiment rebellé.

44. Puis, parlez-lui gentiment. Peut-être se rappellera-t-il ou [Me] craindra-t-il?

45. Ils dirent: “Ô notre Seigneur, nous craignons qu’il ne nous maltraite indûment, ou qu’il dépasse les limites”.

46. Il dit: “Ne craignez rien. Je suis avec vous: J’entends et Je vois.

47. Allez donc chez lui; puis, dites-lui: “Nous sommes tous deux, les messagers de ton Seigneur. Envoie donc les Enfants d’Israël en notre compagnie et ne les châtie plus. Nous sommes venus à toi avec une preuve de la part de ton Seigneur. Et que la paix soit sur quiconque suit le droit chemin!

48. Il nous a été révélé que le châtiment est pour celui qui refuse d’avoir foi et qui tourne le dos”.

49. Alors [Pharaon] dit: “Qui donc est votre Seigneur, ô Moïse?”

50. “Notre Seigneur, dit Moïse, est celui qui a donné à chaque chose sa propre nature puis l’a dirigée”.

51. “Qu’en est-il donc des générations anciennes?” dit Pharaon.

52. Moïse dit: “La connaissance de leur sort est auprès de mon Seigneur, dans un livre. Mon Seigneur [ne commet] ni erreur ni oubli.

53. C’est Lui qui vous a assigné la terre comme berceau et vous y a tracé des chemins; et qui du ciel a fait descendre de l’eau avec laquelle Nous faisons germer des couples de plantes de toutes sortes.”

54. “Mangez et faites paître votre bétail”. Voilà bien là des signes pour les doués d’intelligence.

55. C’est d’elle (la terre) que Nous vous avons créés, et en elle Nous vous retournerons, et d’elle Nous vous ferons sortir une fois encore.

56. Certes Nous lui avons montré tous Nos prodiges; mais il les a démentis et a refusé (de croire).

57. Il dit: “Es-tu venu à nous, ô Moïse, pour nous faire sortir de notre terre par ta magie?

58. Nous t’apporterons assurément une magie semblable. Fixe entre nous et toi un rendez-vous auquel ni nous ni toi ne manquerons, dans un lieu convenable”.

59. Alors Moïse dit: “Votre rendez-vous, c’est le jour de la fête. Et que les gens se rassemblent dans la matinée”.

60. Pharaon, donc, se retira. Ensuite il rassembla sa ruse puis vint (au rendez-vous).

61. Moïse leur dit: “Malheur à vous! Ne forgez pas de mensonge contre Allah: sinon par un châtiment Il vous anéantira. Celui qui forge (un mensonge) est perdu”.

62. Là-dessus, ils se mirent à disputer entre eux de leur affaire et tinrent secrètes leurs discussions.

63. Ils dirent: “Voici deux magiciens qui, par leur magie, veulent vous faire abandonner votre terre et emporter votre doctrine idéale.

64. Rassemblez donc votre ruse puis venez en rangs serrés. Et celui qui aura le dessus aujourd’hui aura réussi”.

65. Ils dirent: “Ô Moïse, ou tu jettes, [le premier ton bâton] ou que nous soyons les premiers à jeter?”

66. Il dit: “Jetez plutôt”. Et voilà que leurs cordes et leurs bâtons lui parurent ramper par l’effet de leur magie.

67. Moïse ressentit quelque peur en lui-même.

68. Nous lui dîmes: “N’aie pas peur, c’est toi qui auras le dessus.

69. Jette ce qu’il y a dans ta main droite; cela dévorera ce qu’ils ont fabriqué. Ce qu’ils ont fabriqué n’est qu’une ruse de magicien; et le magicien ne réussit pas, où qu’il soit”.

70. Les magiciens se jetèrent prosternés, disant: “Nous avons foi en le Seigneur d’Aaron et de Moïse”.

71. Alors Pharaon dit: “Avez-vous cru en lui avant que je ne vous y autorise? C’est lui votre chef qui vous a enseigné la magie. Je vous ferai sûrement, couper mains et jambes opposées, et vous ferai crucifier aux troncs des palmiers, et vous saurez, avec certitude, qui de nous est plus fort en châtiment et qui est le plus durable”.

72. “Par celui qui nous a créés, dirent-ils, nous ne te préférerons jamais à ce qui nous est parvenu comme preuves évidentes. Décrète donc ce que tu as à décréter. Tes décrets ne touchent que cette présente vie.

73. Nous croyons en notre Seigneur, afin qu’Il nous pardonne nos fautes ainsi que la magie à laquelle tu nous as contraints”. Et Allah est meilleur et éternel.

74. Quiconque vient en criminel à son Seigneur, aura certes l’Enfer où il ne meurt ni ne vit.

75. Et quiconque vient auprès de Lui en croyant, après avoir fait de bonnes oeuvres, voilà donc ceux qui auront les plus hauts rangs,

76. les jardins du séjours (éternel), sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Et voilà la récompense de ceux qui se purifient [de la mécréance et des pêchés].

Sourate 20. Ta-Ha

[1]: ou trouverai-je… de quoi me guider: Moïse, égaré dans le dessert, espère trouver auprès du feu les gens qui lui indiqueront le chemin. Il y trouvera le Guide d’Allah, la loi divine.

[2]: Discours audio (anglais) sur le peuple de Pharaon se trouve ici.

Hadith ~ Il vous appartient désormais

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Selon Abou Sa’id (DAS) et Abou Hourayra (DAS), le Messager de Dieu (bénédiction et salut de Dieu sur lui) a dit: “Quand les gens du Paradis entrent au Paradis, un crieur lance un appel: “Il vous appartient désormais de vivre et de ne jamais plus mourir. Il vous appartient désormais d’être en bonne santé et de ne plus tomber malades. Il vous appartient désormais d’être jeunes et de ne jamais plus vieillir. Il vous appartient désormais de jouir et de n’être jamais plus misérables”. (Rapporté par Moslem)

DAS: que Dieu lui accorde Sa satisfaction

Riyad as-Salihin (Les Jardins des vertueux)
de l’Imam Mohieddine Annawawi 631 – 676
Traduction et Commentaire du Dr Salaheddine Keshrid (Tunisie)
Éditeur: Dar Al-Gharb Al-Islami
Chapitre 130, Page 525, Numéro 1890

Commentaire ~ La pomme d’Adam

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Voici une anecdote racontée par le célèbre “Prince des Voyageurs” Cheikh Abou AbdAllah Mohamed, mieux connu sous le nom d’Ibn Battouta. Ce récit nous arrive du 12éme siècle.

Après avoir visité Alep, je me rendis à Jabala où est enterré le roi d’Afghanistan, Ibrahim fils d’Adam. Adam était d’origine tout à fait modeste et il avait eu la réputation d’être un homme chaste et dévot. Je vais vous raconter l’histoire de la pomme d’Adam. Ce saint homme vivait à Boukhara. Un jour de fortes chaleurs, il s’était arrêté à proximité d’un verger pour faire ses ablutions dans l’eau d’un des innombrables canaux qui ruissellent dans cette cité. En se penchant sur l’eau du canal, il aperçut une pomme vermeille qui flottait, entraînée par le courant. Comme il avait faim, il saisit le fruit et le croqua. Au moment où il achevait ce repas frugal, il entendit une petite voix intérieure qui lui soufflait: “Adam! Cette pomme que tu viens de manger ne t’appartenait pas! Comment as-tu osé t’accaparer ainsi du bien d’autrui? Tu n’en as pas le droit! Tu as commis une faute grave, mais il te reste une issue: obtenir de son propriétaire légitime qu’il te pardonne.” Ainsi parla la voix du repentir. Adam regarda autour de lui et se dit que le fruit devait probablement provenir du verger tout proche d’où s’écoulait l’eau du canal ayant entraîné la pomme. Il s’avança jusqu’à la porte du jardin et frappa avec le plat de sa main. Une jeune esclave vint lui ouvrir. “Appelle le maître de ce lieu”, demanda Adam.

“- Ce jardin appartient à une femme”, répondit la jeune esclave. ”
– Va la prier de me recevoir” dit Adam.

Lorsqu’il fut en présence de la propriétaire, Adam avoua sa faute et supplia qu’elle lui accorde son pardon.

“C’est que… je ne possède que la moitié de ce verger, lui dit la femme sur un ton contrarié; l’autre partie est la propriété du sultan.” Celui-ci se trouvait à Balkh, à dix jours de marche de Boukhara. “En ce qui me concerne ajouta-elle, je t’accorde l’absolution pour la partie de la pomme qui me revient. Pour l’autre moitié, il te faudra en demander pardon au roi lui-même. Va donc à Balkh” Adam la remercia vivement et prit résolument le chemin de Balkh. Parvenu au terme de son voyage, il réussit à entrer en contact avec le monarque après de laborieuses démarches. Adam fit de nouveau le récit de son infraction et il conclut en implorant le pardon royal. Le sultan demeura songeur un instant puis il ordonna à Adam de se présenter le lendemain à son palais. Le souverain avait une fille à marier et il commençait à désespérer de lui trouver un jour un époux. Non qu’elle fût laide, bien au contraire, la princesse était d’une beauté à couper le souffle. Le roi ne comptait plus le nombre impressionnant de seigneurs venus demander la main de sa fille, mais celle-ci avait refusé tous ces prétendants parce qu’aucun n’était à ses yeux suffisamment vertueux pour la mériter. Elle rêvait de rencontrer un homme d’une pureté irréprochable, quelqu’un qui donnerait les preuves de sa parfaite probité. En attendant l’apparition de l’élu de son coeur, la belle princesse se consacrait exclusivement à la prière et à la méditation religieuse. De retour dans son palais, le roi se rendit en toute hâte auprès de sa fille et lui conta l’aventure d’Adam et de la demi-pomme.

“Te rends-tu seulement compte: cet homme a fait dix jours de marche pour obtenir mon pardon et il s’est donné toute cette peine à cause, non pas d’une pomme, mais d’une moitié de pomme! Crois-moi, ma fille, tu tiens là l’homme de tes rêves!” La princesse acquiesça et cette nuit-là, elle ne parvint pas à trouver le sommeil, attendant impatiemment que le jour se lève pour voir de ses propres yeux ce parangon de toutes les vertus (…) Ce fut un grand mariage qu’on célébra dans l’ensemble du royaume durant sept jours entiers.

Extrait de “Ibn Battouta Prince des voyageurs”
Auteur: Lotfi Akalay

Hadith ~ Considération et puissance

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Selon Abou Hourayra (que Dieu lui accorde Sa satisfaction), le Messager de Dieu (bénédiction et salut de Dieu sur lui) a dit: “Jamais aumône n’a rien diminué d’une richesse. Quand l’homme pardonne, Dieu ne lui ajoute à cause de cela que considération et puissance. Chaque fois que quelqu’un se montre modeste par amour pour Dieu (non par crainte ou veulerie), Dieu ne fait que l’élever davantage”. (Rapporté par Moslem)

Riyad as-Salihin (Les Jardins des vertueux)
de l’Imam Mohieddine Annawawi 631 – 676
Traduction et Commentaire du Dr Salaheddine Keshrid (Tunisie)
Éditeur: Dar Al-Gharb Al-Islami
Chapitre 70, Page 222, Numéro 600

Ayaat 102-108 ~ La famille d’Imran (Al-Imran)

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Écoutez Récitation

102. Ô les croyants! Craignez Allah comme Il doit être craint. Et ne mourez qu’en pleine soumission.

103. Et cramponnez-vous tous ensemble au “Habl” (câble) d’Allah[1] et ne soyez pas divisés; et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous: lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos coeurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. Et alors que vous étiez au bord d’un abîme de Feu, c’est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés.

104. Que soit issue de vous une communauté qui appelle au bien, ordonne le convenable, et interdit le blâmable. Car ce seront eux qui réussiront[2].

105. Et ne soyez pas comme ceux qui se sont divisés et se sont mis à disputer, après que les preuves leur furent venues, et ceux-là auront un énorme châtiment.

106. Au jour où certains visages s’éclaireront, et que d’autres s’assombriront. A ceux dont les visages seront assombris (il sera dit): “avez-vous mécru après avoir eu la foi?” Eh bien, goûtez au châtiment, pour avoir renié la foi.

107. Et quant à ceux dont les visages s’éclaireront, ils seront dans la miséricorde d’Allah, où ils demeureront éternellement.

108. Tels sont les versets d’Allah; Nous te (Muhammad) les récitons avec vérité. Et Allah ne veut point léser les mondes.

Sourate 3. La famille d’Imran (Al-Imran)

[1] Le câble d’Allah: le mot “Habl” signifie littéralement “câble ou corde”.
Il s’agit du Coran selon les dires du prophète. Le mot “Habl” exprime le lien entre Allah et Ses créatures.

[2] Convenable: c’est le mot “ma’arouf” qui, étymologiquement, signifie: “reconnu” (par tout le monde comme bon).
Blâmable: c’est le mot “munkar”, qui signifie de même “méconnu” (et dénoncé comme mal par tout le monde).