Ayaat 1-13 ~ La vache (Al-Baqarah)

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

1. Alif, Lam, Mim[1].

2. C’est le Livre au sujet duquel il n’y a aucun doute, c’est un guide pour les pieux[2].

3. qui croient à l’invisible et accomplissent la Salat et dépensent [dans l’obéissance à Allah], de ce que Nous leur avons attribué[3],

4. Ceux qui croient à ce qui t’a été descendu[4] (révélé) et à ce qui a été descendu avant toi et qui croient fermement à la vie future.

5. Ceux-là sont sur le bon chemin de leur Seigneur, et ce sont eux qui réussissent (dans cette vie et dans la vie future).

6. [Mais] certes les infidèles ne croient pas, cela leur est égal, que tu les avertisses ou non: ils ne croiront jamais.

7. Allah a scellé leurs coeurs et leurs oreilles; et un voile épais leur couvre la vue; et pour eux il y aura un grand châtiment.

8. Parmi les gens, il y a ceux qui disent: « Nous croyons en Allah et au Jour dernier! » tandis qu’en fait, ils n’y croient pas.

9. Ils cherchent à tromper Allah et les croyants; mais ils ne trompent qu’eux-mêmes, et ils ne s’en rendent pas compte.

10. Il y a dans leurs coeurs une maladie (de doute et d’hypocrisie), et Allah laisse croître leur maladie. Ils auront un châtiment douloureux, pour avoir menti.

11. Et quand on leur dit: « Ne semez pas la corruption sur la terre », ils disent: « Au contraire nous ne sommes que des réformateurs! »

12. Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s’en rendent pas compte.

13. Et quand on leur dit: « Croyez comme les gens ont cru », ils disent: « Croirons-nous comme ont cru les faibles d’esprit? » Certes, ce sont eux les véritables faibles d’esprit, mais ils ne le savent pas.

Sourate 2. La vache (Al-Baqarah)

[1]: Les sourates 2, 3, 7, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 19, 20, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 36, 38, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 50 et 68 commencent non pas par des mots, mais par des lettres de l’alphabet, détachées en n’ayant pas de sens particulier. Le Prophète lui-même ne semble pas avoir précisé leur signification, d’où d’innombrables interprétations suggérées par les commentateurs anciens et modernes. Laissons-les alors telles quelles.

[2] Pieux: le mot (Muttaqi) en arabe vient du mot (taqwa) qui signifie piété, c’est-à-dire la crainte de la punition d’Allah si on s’écarte de Ses injonctions et l’espoir en Sa Miséricorde quand on s’y conforme.

Guide (Hudan): ce mot qui reviendra souvent, n’a pas d’équivalent en français. Il désigne l’action de guider, le fait d’être guidé ou le guide.

[3] L’invisible: tout ce que nous ne pouvons percevoir et connaître et même tout ce dont nous ne pouvons même pas réaliser l’existence passée, présente ou future.

Salât: signifie ici non pas la prière seulement, mais les prières quotidiennes comportant des récitations, des invocations, des mouvements et des attitudes définis. Il y a cinq Salât quotidiennes: à l’aube, peu après que le soleil passe le méridien, tard dans l’après-midi, tout de suite après le coucher du soleil, et enfin à la disparition du crépuscule. Pour les pays près des deux régions polaires, on a dû aménager ces horaires. – La Salât hebdomadaire du vendredi remplace, ce jour-là, la deuxième Salât, celle de midi. – Les Salât des deux fêtes (‘idul FiTr et ‘idul ADha) sont recommandées par le Prophète, mais non obligatoires. A part le nombre de cycles d’actes (Rak’at), toutes ces Salât se ressemblent quant à la façon de les accomplir: on fait les ablutions (voir S. 5, v. 6) on se met debout et on se tourne vers la Ka’ba à la Mecque (voir S. 2, v. 144) – en Europe occidentale, vers le sud-est – et on formule l’intention de prier. On récite la première sourate du Coran «Al-Fâtiha», en la faisant suivre de quelques versets coraniques ou d’une courte sourate. Puis on s’incline, mettant les mains sur les genoux et on se dresse; ensuite, on se prosterne, posant le front sur le sol, puis on s’assied, et après une deuxième prosternation, on se remet debout. Tout cela constitue un «cycle d’actes», une Rak’a. On fait dans le deuxième cycle (Rakat) à peu près la même chose que dans le premier, mais au lieu de se mettre debout après les prosternations, on reste assis et on récite le tachahhud [glorification d’Allah, salut au Prophète , à soi-même et à tous les bons croyants et témoignage de l’unicité d’Allah]. Si la Salât a deux cycles (comme lors de l’aube), elle se termine par le salut final après le tachahhud. Sinon, on se lève et on fait un nouveau cycle (dans la 4e Salât il y a trois cycles, et dans les 2e, 3e et 5e, quatre cycles), et on termine la Salât en saluant, tournant la tête à droite puis à gauche…

Dépensent dans l’obéissance à Allah: en Islam, on est obligé de donner un pourcentage de ce que l’on possède, annuellement, et ce d’après un barème établi: c’est la Zakât. En outre, on donne ce qu’on veut bénévolement. Sont visées dans ce verset toutes les dépenses dans l’obéissance à Allah: la Zakât, la dépense concernant les parents et les proches, les largesses bénévoles, etc.

[4] Ce qui t’a été descendu: il s’agit de Muhammad (bénédiction et salut de Allah sur lui). C’est ce qu’il faut comprendre, à chaque fois qu’il y a une référence à la seconde personne du singulier non déterminée. Le Prophète transmettait tel quel ce qu’il recevait d’Allah par révélation. Avant toi: allusion aux révélations antérieures à Muhammad et plus particulièrement la Thora et l’Evangile.

Laisser un commentaire